Skadi n'a rien d'une déesse douce. Dans les récits nordiques, elle arrive avec les skis, les montagnes, la chasse, une forme de froid qui ne demande pas la permission. On la présente souvent comme une géante, fille de Thjazi, venue chez les dieux réclamer réparation après la mort de son père.
L'épisode est étrange, comme souvent dans les mythes du Nord. Les dieux lui offrent une compensation. Elle doit choisir un mari en ne voyant que ses pieds. Elle pense reconnaître Baldr, le beau, et choisit en réalité Njord, lié à la mer. Le mariage tient mal. Lui aime les mouettes et le rivage ; elle préfère les loups dans la montagne.

Les textes ne disent presque rien de ses habits. Ils la montrent à skis, l'arc à la main, et laissent le reste aux illustrateurs. Pour savoir comment on affrontait vraiment le froid dans le Nord de ce temps-là, il faut quitter le mythe et regarder ce que la terre a gardé.

En 1936, à Skjoldehamn, sur l'île d'Andøya, dans le nord de la Norvège, une tourbière rend une tombe du XIᵉ siècle avec une tenue presque complète, pantalon compris. La pièce la plus frappante est un capuchon : quelques carrés de sergé de laine cousus ensemble, avec une large pèlerine qui retombe en pointe sur la poitrine. C'est l'un des plus anciens exemples de ce chaperon qui couvrira ensuite toute l'Europe médiévale.

À cette époque, on ne tricote pas encore en Scandinavie. Moufles, bonnets et chaussettes se font au nålebinding, une seule aiguille courte qui passe le fil boucle après boucle. Le chaud se construit en couches : une tunique de laine, un capuchon, des mains et des pieds bien couverts. Rien de spectaculaire, juste de la laine bien employée.

Folkovar a donné ce nom à une cagoule, cousine lointaine de ce capuchon : une pièce qui couvre la tête, le cou et le bas du visage sans effacer le regard. Le nom donne seulement une direction : montagne, retenue, netteté, froid ancien.

Le motif reste nordique lui aussi. Il vient de la rose de Selbu, étoile à 8 branches tricotée dans le Trøndelag, bien plus que d'une symbolique slave ou d'une roue solaire généralisée. La précision évite le grand mélange. Un récit gagne souvent à savoir d'où il parle.
La cagoule qui porte son nom peut donc rester contemporaine : coton portugais, tricot dans la vallée de l'Ave, précommande, usage quotidien. Elle garde une ligne venue du Nord sans imiter un objet archéologique. C'est le travail exact de Folkovar : ne pas rejouer le passé, mais éviter que l'objet soit vide.
