Skadi n'a rien d'une déesse douce. Dans les récits nordiques, elle arrive avec les skis, les montagnes, la chasse, une forme de froid qui ne demande pas la permission. On la présente souvent comme une géante, fille de Thjazi, venue chez les dieux réclamer réparation après la mort de son père.
L'épisode est étrange, comme souvent dans les mythes du Nord. Les dieux lui offrent une compensation. Elle doit choisir un mari en ne voyant que ses pieds. Elle pense reconnaître Baldr, le beau, et choisit en réalité Njord, lié à la mer. Le mariage tient mal. Lui aime les mouettes et le rivage ; elle préfère les loups dans la montagne.

Tout est déjà là : un corps entre deux mondes, la neige et la maison, le sauvage et l'alliance ratée. Réduire Skadi à 'la déesse de l'hiver' l'aplatit un peu. Ce qui compte chez elle, c'est le seuil. L'endroit où l'on va parce qu'on l'a choisi, pas parce que c'est confortable.

Le ski compte dans son image. Les textes et les gravures modernes la montrent souvent arc à la main, avançant sur la neige. Pas l'hiver regardé derrière une fenêtre : le froid traversé debout. Pour une cagoule, le nom tenait, à condition de ne pas le transformer en folklore vague.
Folkovar l'a choisi pour cette première pièce parce qu'une cagoule protège une zone vulnérable sans effacer le visage. Elle accompagne le passage dehors. Elle n'a pas besoin de jouer au costume mythologique. Le nom donne seulement une direction : montagne, retenue, netteté, froid ancien.

Le motif reste nordique lui aussi. Il vient de la rose de Selbu, étoile à huit branches tricotée dans le Trøndelag, bien plus que d'une symbolique slave ou d'une roue solaire généralisée. La précision évite le grand mélange. Un récit gagne souvent à savoir d'où il parle.

Skadi évite aussi le piège de la princesse glacée. Elle réclame, elle choisit, elle repart quand le compromis l'étouffe. Pour une marque de vêtements, cette figure donne un ton utile : pas de douceur forcée, pas d'héroïsme bruyant, plutôt une présence sèche.
La cagoule qui porte son nom peut donc rester contemporaine : coton portugais, tricot à Porto, précommande, usage quotidien. Elle garde une ligne venue du Nord sans imiter un objet archéologique. C'est le travail exact de Folkovar : ne pas rejouer le passé, mais éviter que l'objet soit vide.
