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Choisir sa cagoule
Comment une cagoule se porte vraiment en montagne, ce que notre construction en tire, et pourquoi le coton.
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Le besoin d'où vient la pièce
Nous faisons du trek dans les Pyrénées et dans les Alpes. Le problème s'est toujours posé de la même façon. À la montée on a chaud, souvent au point de ne rien porter sur la tête, même par -5 °C. Puis on s'arrête, et le froid revient en quelques minutes. La tête et le visage sont les premières zones qui le prennent.
Quatre situations reviennent à chaque sortie. L'arrêt au col ou en fin d'étape, quand le corps redescend en température. Le visage exposé hors du sac de couchage, la nuit. Le vent froid qui attaque de face, même quand le reste est couvert. Et les activités de camp, monter la tente, cuisiner, veiller, où l'on ne bouge plus pendant des heures.
Aucune de ces situations n'est un moment d'effort. C'est ce constat qui a décidé la matière, et pas l'inverse.

Une cagoule se met et s'enlève
Une cagoule n'est pas une couche qu'on garde. C'est une pièce qui va et vient au fil de la sortie, et tous ceux qui marchent le savent : à la montée on a chaud, souvent au point de ne rien porter même par -5 °C ; on relève le bandeau et elle devient un bonnet ; on rabat le masque dès qu'on s'arrête. C'est la raison d'être du bandeau relevable : une seule pièce au lieu d'un bonnet et d'un tour de cou, et rien à chercher dans le sac au moment où le froid arrive.
C'est ce va-et-vient qui fait l'usage réel, et c'est lui que nous avons cherché à rendre simple. Le bandeau se relève sans retirer ni gants ni capuche. Le masque se rabat d'un geste. La pièce suit le rythme de la sortie au lieu de le contrarier.
C'est aussi pourquoi le conseil qu'on lit partout, « pas de coton en montagne », ne s'applique pas ici. Ce conseil est juste, mais il porte sur les couches qu'on garde sur soi pendant qu'on transpire : une base layer, un pull gardé à la montée. Une cagoule n'est pas de celles là.

Ce que la construction en tire
Trois de nos cagoules sont tricotées en jacquard double épaisseur, jauge 5 : Skadi, Frosthelm et Caledon. Deux couches de maille prises dans le même tricot, pas une doublure rapportée. C'est dense, ça coupe le vent, et le motif est construit dans la matière plutôt qu'imprimé dessus. Morrigan est en maille Aran simple épaisseur, plus légère, pour les froids moins mordants.
Toutes ont un maillage ajouré devant la bouche. C'est le détail qui compte le plus pour l'usage visé : le souffle passe au lieu de se condenser dans la maille, et c'est justement la zone qu'on ne veut pas humidifier quand on reste immobile des heures.
Le col côtelé se resserre sur le cou et ferme les entrées d'air à la nuque. Et le bandeau se relève, ce qui fait passer la pièce de la cagoule complète au bonnet sans rien retirer, ni gants ni capuche.

| Situation | Ce que fait la cagoule |
|---|---|
| Arrêt au col, fin d'étape | On rabat le masque, la double épaisseur coupe le vent et le col ferme la nuque |
| Vent froid de face | Le masque protège le visage, la zone la plus exposée et la moins couvrable |
| Nuit sous tente, visage hors du sac | La maille ajourée devant la bouche laisse passer le souffle au lieu de le condenser |
| Camp, cuisine, veille | Le coton garde une main douce, on la porte des heures sans y penser |
| Montée, effort | On relève le bandeau et elle devient un bonnet, ou on la retire |
| Froid modéré, mi-saison | Morrigan, simple épaisseur, respire davantage |
Pourquoi le coton, et pas la laine
Une fois l'usage posé, le choix de la fibre se joue sur d'autres critères que la gestion de la sueur. Sur une pièce portée à même le visage, des heures d'affilée, ce sont ceux là qui décident.
Le coton ne vient d'aucun animal. Les mites l'ignorent, là où une maille de laine se troue dans un placard. Il se lave en machine à 30 degrés sans précaution, quand une maille fine demande des égards. Il ne garde pas l'odeur de laine mouillée. Il tient mieux l'abrasion qu'un mérinos fin, qui s'amincit et bouloche. Et il ne pose à personne la question de l'irritation.
Sur ce dernier point, soyons précis plutôt que commodes : la laine n'est pas un allergène cutané. L'irritation vient du diamètre de la fibre, au delà de 30 à 32 microns environ, et un mérinos superfin sous 20 microns ne gratte pas. Nous n'avons donc pas choisi le coton contre une laine qui piquerait. Nous l'avons choisi pour les six raisons du paragraphe précédent, et surtout pour la septième, qui est la seule qu'on puisse mesurer.
| Critère | Coton | Mérinos | Polaire / acrylique |
|---|---|---|---|
| Fibre animale | Non | Oui | Non |
| Plastique dans la maille | Aucun | Aucun | Oui, intégralement |
| Microfibres au lavage | Biodégradables | Biodégradables | Non biodégradables |
| Mites | Non concerné | Vulnérable | Non concerné |
| Entretien | Machine, 30 °C | Délicat, parfois à la main | Machine, bouloche vite |
| Abrasion et durée | Bonne tenue | S'amincit, bouloche | Bouloche, se ternit |
| Irritation cutanée | Question jamais posée | Selon la finesse de fibre | Question jamais posée |
| Coupe le vent | Oui en double épaisseur | Oui en maille dense | Variable |
Le plastique, le seul point qu'on puisse mesurer
La polaire est la matière la plus vendue sur ce type de pièce, et c'est celle dont on parle le moins. Elle relâche des microfibres plastiques à chaque lavage.
La polaire est un tricot dont la surface est grattée pour lever du duvet. Ce duvet est fait de brins courts, et chaque lavage en arrache. À surface égale, une polaire relâche environ quatre-vingt-cinq fois plus de fibres qu'un tissu synthétique lisse, du type coupe-vent.
Le coton et la laine relâchent aussi des microfibres, dans des quantités du même ordre. La différence n'est pas le volume, c'est la suite : une fibre de coton ou de laine se dégrade, une fibre de polyester reste.
C'est pour cette raison que nous ne mettons aucune fibre synthétique dans la maille, pas même quelques pourcents d'élasthanne pour l'aider à revenir. Elle tient par sa construction.
Soyons précis, parce que la nuance compte : l'étiquette cousue à l'intérieur contient encore du plastique. Nous cherchons à la remplacer. En attendant nous préférons l'écrire, plutôt que de revendiquer un « zéro plastique » qui serait faux. L'objectif est d'en mettre le moins possible, pas de prétendre qu'il n'y en a plus.

La taille
Nos quatre cagoules sont en taille unique. La maille est extensible et le patron a été ajusté sur quatre séries de prototypes, portés et repris.
Les mesures sont données à plat, cagoule posée, sans étirement. Pour vous situer, mesurez votre tour de tête au ruban, au dessus des sourcils et au point le plus large de l'arrière du crâne.

| Mesure | Valeur |
|---|---|
| Hauteur totale | 39 cm |
| Largeur à plat | 25 cm |
| Ouverture des yeux | 18 cm |
| Col côtelé | 11 cm |
Questions fréquentes
Cagoule, ou tour de cou et bonnet ?
Le duo bonnet plus tour de cou est la réponse classique, et elle marche. Une cagoule à bandeau relevable fait les deux avec une seule pièce : relevée c'est un bonnet, rabattue elle ferme le visage et le cou. Un seul objet à emporter, un seul à retrouver dans le sac, et pas d'interstice entre les deux où le vent s'engouffre.
Ça passe sous un casque de ski ou de vélo ?
Oui. La maille reste assez fine pour passer sans surépaisseur, et le bandeau peut être relevé pour dégager les oreilles si le casque serre. Le col côtelé passe sous le col de la veste.
Est-ce que ça fait de la buée sur les lunettes ?
Le maillage est ajouré devant la bouche : le souffle passe au travers au lieu d'être renvoyé vers le haut, ce qui limite la buée. Aucune cagoule ne l'élimine complètement, mais c'est précisément le rôle de cette zone.
Une cagoule en coton, est-ce adapté à la montagne ?
Oui. Une cagoule se met et s'enlève au fil de la sortie : on la relève en bonnet à la montée, on rabat le masque dès qu'on s'arrête, au col, au camp ou dans le sac de couchage. Le conseil générique « pas de coton en montagne » porte sur les couches qu'on garde sur soi en transpirant, comme une base layer. Une cagoule n'en est pas une.
Quand la porte-t-on, et quand la retire-t-on ?
On la retire ou on la relève en bonnet pendant l'effort, à la montée. On rabat le masque dès qu'on s'arrête : au col, en fin d'étape, au camp, le soir, la nuit. Le bandeau se relève sans avoir à retirer gants ni capuche, ce qui rend le passage bonnet / cagoule immédiat.
Est-ce qu'elle tient chaud ?
Trois modèles sur quatre sont en jacquard double épaisseur, jauge 5 : deux couches de maille dense prises dans le même tricot, qui coupent le vent. Le col côtelé ferme la nuque. La chaleur d'une cagoule vient de cette construction avant de venir de la fibre. Morrigan, en maille Aran simple épaisseur, est volontairement plus légère.
Pourquoi des trous devant la bouche ?
C'est un maillage ajouré, et c'est le détail le plus important pour l'usage visé. Le souffle passe au travers au lieu de se condenser dans la maille. Quand on reste immobile des heures, au camp ou dans un sac de couchage, c'est précisément la zone qu'on ne veut pas humidifier.
Coton ou mérinos ?
Pour une couche qu'on garde sur soi en transpirant, le mérinos tolère mieux l'humidité. Sur une cagoule, qui va et vient au fil de la sortie et se porte à même le visage, les critères qui décident sont autres : aucune fibre animale, aucune mite, un lavage machine sans précaution, une meilleure tenue à l'abrasion, et aucune fibre synthétique dans la maille.
Y a-t-il du plastique dedans ?
Pas dans la maille : cent pour cent coton portugais, sans élasthanne, sans polyester, sans acrylique. L'étiquette cousue à l'intérieur en contient encore, et nous cherchons à la remplacer. Nous visons le minimum, pas un « zéro plastique » qui serait faux. L'écart se mesure surtout face à une polaire, qui relâche environ quatre-vingt-cinq fois plus de microfibres au lavage qu'un tissu synthétique lisse, et ces fibres là ne se dégradent pas.
La matière est-elle testée ?
Oui, et c'est vérifiable. Nos cagoules sont tricotées dans un atelier certifié OEKO-TEX® STANDARD 100, certificat n° 6299CIT délivré par le CITEVE. Le certificat porte sur la classe de produit I : la plus stricte, celle des articles pour bébés de moins de trois ans. C'est le seuil le plus bas du référentiel en matière de substances nocives. Pour une pièce qui passe des heures contre le visage, la bouche et le nez, c'est le critère qui compte le plus.
Une cagoule chaude sans laine, ça existe ?
Celle-ci. Jacquard double épaisseur, coton portugais, aucune matière animale. La chaleur tient surtout à la construction : deux épaisseurs de maille retiennent l'air, une seule beaucoup moins. Ce qui se vend en cagoule chaude est presque toujours de la laine, du mérinos ou de l'acrylique. Quand on écarte les trois, il ne reste pas grand chose.
Cette cagoule est-elle végane ?
La maille, oui : aucune matière animale. L'étiquette cousue à l'intérieur contient encore du polyester, qu'on cherche à remplacer. Ce n'est pas animal, mais ça nous empêche de dire que la pièce est entièrement naturelle.
Comment la laver ?
À froid, 30 °C au maximum, en cycle délicat ou à la main. Retournez la pièce pour limiter le boulochage. Pas de sèche linge, la chaleur rétrécit le coton. Séchage à plat, à l'abri du soleil.